Et si Rima Hassan était contre-productive pour LFI ?

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Le soutien inconditionnel de l’eurodéputée Insoumise au régime algérien provoque l’indignation, et pourrait braquer jusqu’au cœur de l’électorat de La France insoumise.
Par Erwan Seznec

Rima Hassan a voté contre la résolution du Parlement européen appelant à la libération de Boualem Sansal.
Rima Hassan a voté contre la résolution du Parlement européen appelant à la libération de Boualem Sansal.
Comment se rapprocher du Maroc sans offenser l’Algérie, alors que les deux pays se déchirent depuis des décennies ? La France insoumise a été confrontée à ce dilemme à partir de l’automne 2023, lorsque Jean-Luc Mélenchon a manifesté publiquement son soutien aux revendications marocaines sur le Sahara occidental.
En guise de lot de consolation, ces derniers mois, Alger a obtenu l’appui sans réserve de l’eurodéputée LFI Rima Hassan. Avec ses collègues Arash Saeidi et Emma Fourreau, elle fait partie des 24 élus de Strasbourg qui ont voté contre une résolution condamnant l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal et demandant sa libération immédiate. La résolution a été adoptée à une écrasante majorité de 533 votes pour et 48 abstentions (dont Manon Aubry, LFI).
Boualem Sansal a été arrêté le 16 novembre 2024, précisément après des déclarations sur le Sahara occidental contraires à la ligne officielle algérienne.
Pendant la campagne des européennes de juin 2024, Rima Hassan avait été la seule candidate reçue à la Grande Mosquée de Paris, « ambassade bis » d’Alger en France. En juillet, une fois élue, lors d’une visite sur place, elle avait qualifié l’Algérie de « Mecque des révolutionnaires et de la liberté ». Interrogée sur une radio locale, elle avait surjoué l’enthousiasme, disant avoir trouvé en Algérie « ce que je ne peux pas encore embrasser : un chez-moi ; je vais pleurer », etc.
Rabat entretient désormais des relations courtoises avec Israël. Pro-palestinienne tendance dure, Rima Hassan est crédible comme soutien d’Alger sur la scène internationale. Sur la scène nationale française, en termes électoral, l’efficacité de cet engagement reste à démontrer.
Pour justifier son vote sur Boualem Sansal, Rima Hassan, qui a fait du droit international, a cru judicieux de rappeler que l’écrivain n’avait pas été arrêté arbitrairement, mais sur la base de l’article 87-bis du Code pénal algérien. L’argument est léger. Le prestige de la démocratie est tel que même les pires dictatures s’abritent derrière un paravent d’État de droit.
En l’occurrence, cet article est un des plus contesté du dispositif pénal algérien. Dans sa forme actuelle, il date de 2021 et permet d’arrêter à peu près n’importe qui pour n’importe quel motif. Il pénalise, entre autres, le fait de vouloir « changer le système de gouvernance par des moyens non constitutionnels », les manifestations et les rassemblements sur la voie publique entrant dans cette dernière catégorie ! Si ces dispositions liberticides existaient en droit français, Rima Hassan dormirait probablement en prison ou en résidence surveillée, comme Boualem Sansal, avec des dizaines d’autres élus de toutes tendances.
L’article 87-bis a été modifié pendant le mouvement de protestation populaire appelé le hirak, dans le but de réprimer celui-ci plus efficacement. Tous les Franco-Algériens qui suivent l’actualité de leur pays d’origine le savent, et il n’est pas du tout certain que son évocation par Rima Hassan leur semble appropriée.
La popularité du régime est faible dans la diaspora algérienne française, attachée aux libertés fondamentales. L’hostilité domine très largement dans l’importante communauté kabyle. Sans parler des électeurs d’origine marocaine, que LFI courtise assidûment, et qui pourraient éprouver quelques difficultés à comprendre la ligne du parti.
Une autre provocation de Rima Hassan, par ailleurs, pourrait bientôt la rattraper. « Pour le colonisé, la vie ne peut surgir que du cadavre en décomposition du colon », écrivait-elle sur X le 12 juillet 2024. Scandale et succès d’audience garantis, avec cette citation de Frantz Fanon, figure française de la pensée tiers-mondiste des années 1950, défenseur de l’indépendance de l’Algérie, récupéré par la mouvance décoloniale actuelle.
« Frantz Fanon », toutefois, est aussi le nom d’une maison d’édition de Boumerdès (45 km à l’est d’Alger) que le gouvernement algérien a fait fermer le 14 janvier 2025. Son crime, avoir publié un livre parlant des apports de la communauté juive à l’histoire algérienne. Rima Hassan n’a posté aucun message pour défendre cet éditeur.
Tout ceci pourrait troubler l’électeur Insoumis le mieux disposé, sans parler de l’électorat de gauche modérée. LFI a essuyé dimanche une sérieuse alerte dans la première circonscription de l’Isère, lors d’une législative partielle. Son député sortant, Lyes Louffok, qui n’avait pourtant pas démérité sur le terrain, a pris une claque contre la candidate macroniste Camille Galliard-Minier, élue avec les deux tiers des voix au second tour (64,28 % exactement).
Une deuxième échéance importante se profile. Dimanche 26 janvier, Louis Boyard, député LFI, se présente au premier tour à la municipale partielle de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Il trouve, face à lui, comme plus sérieux adversaire, une autre liste de gauche. Les résultats seront certainement scrutés à la loupe. Rima Hassan ne s’est pas du tout montrée à ses côtés pendant la campagne, mais ce vendredi, sur la page Facebook du candidat Boyard, les votes pro-Algérie des eurodéputés LFI étaient le sujet le plus débattu…
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Le Point

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6 Commentaires

  1. Didier dit :

    Elle éloigne peut-être quelques algériens plus ou moins intégrés en France qui auront cru que lfi était leur avocat et porte parole, mais il reste tous les autres affidés à l’Algérie sans instruction et surtout les plus jeunes, sans éducation analphabètes, ignorants de tout et incapables de réflexion. Ceux là voient en LFI et la gueunon Rhassan la force qui va leur apporter richesse pouvoir contre le Français ce sous chien. LFI se sert de la syrienne comme elle se sert de LFI. Elle n’est pas du tout un boulet mais un appât Lfiste pour le vote algérien en France.

  2. josué bencanaan dit :

    Au contraire c’est l’une de ses meilleures membres ^^, une saloperie anti France, pro Hamas, pro Algérie et surtout anti sémites, croyez moi elle a bien sa place chez la France Islamique ^^

  3. David92 dit :

    Il n’y a que dans ce milieu où l’on transforme une pourriture en star médiatique .
    Nous avons toujours connu ce genre d’individus tout au long de notre histoire .
    L’antisémitisme a toujours révélé des malades mentaux .
    D’où la qualité des psychiatres Juifs….les mieux placés pour étudier les cobayes de l’histoire .
    Prenons Freud comme exemple …le plus illustre d’entr’eux.

  4. David92 dit :

    Certains deviennent même  » humoristes  »
    Je préfère aller au zoo de Vincennes….nous avons les originaux et ils ne sont pas antisémites.

  5. Franccomtois dit :

    Pour la LFI et tout se qui s´y apparente de droite ou de gauche:

    🙏Dietrich Bonhoeffer, le pasteur qui a résisté à Hitler

    Dietrich Bonhoeffer (/ˈdiːtrɪç ˈboːnhœfɐ/), né le 4 février 1906 à Breslau (aujourd’hui Wrocław en Pologne), et mort (exécuté) le 9 avril 1945 au camp de concentration de Flossenbürg, en Bavière, près de l’actuelle frontière germano-tchèque, est un pasteur luthérien, théologien, essayiste et résistant au nazisme, membre influent de l’Église confessante.

    Dès le mois d’avril 1933, il prend publiquement position contre la persécution des Juifs et s’engage dans la lutte contre le paragraphe aryen puis rejoint la résistance allemande. Il est interdit de parole en 1940 et d’écriture en 1941. En avril 1943, il est arrêté et, deux ans plus tard, sur ordre exprès d’Adolf Hitler, il est exécuté au moment même où s’effondre le régime nazi Wikipedia

    J’aime ces pages que ce pasteur allemand avait écrit en captivité en 1943. Sa théorie sur la bêtise des citoyens me semble bien vraie de nos jours.

    La bêtise est un ennemi du bien plus dangereux que la méchanceté. On peut protester contre le mal, on peut le mettre à nu, on peut l’empêcher par la force si nécessaire, le mal porte toujours en lui le germe de l’autodestruction, en ce sens qu’il laisse au moins un malaise en l’homme. Nous sommes sans défense contre la bêtise. Ni les protestations ni la violence ne peuvent y remédier ; les raisons ne tiennent pas ; les faits qui contredisent les propres préjugés n’ont tout simplement pas besoin d’être crus – dans de tels cas, l’idiot devient même critique – et s’ils sont inévitables, ils peuvent simplement être mis de côté comme des cas isolés et insignifiants. Contrairement au méchant, l’idiot est parfaitement à l’aise avec lui-même ; il devient même dangereux en passant à l’attaque, légèrement irrité. Il faut donc être plus prudent avec l’idiot qu’avec le méchant. Ne cherchons plus jamais à convaincre l’idiot par des raisons ; c’est inutile et dangereux.
    Pour savoir comment combattre la stupidité, nous devons chercher à comprendre sa nature. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’est pas essentiellement un défaut intellectuel, mais un défaut humain. Il y a des gens extraordinairement mobiles intellectuellement qui sont stupides, et des gens très maladroits intellectuellement qui sont tout sauf stupides. C’est une découverte que nous faisons à notre grande surprise à l’occasion de certaines situations. On a moins l’impression que la stupidité est un défaut inné, mais que dans certaines circonstances, les gens sont rendus stupides ou se laissent rendre stupides. Nous observons en outre que les personnes isolées et solitaires présentent moins souvent ce défaut que les personnes et les groupes de personnes enclines à la socialisation ou sanctionnées. Ainsi, la stupidité semble peut-être moins être un problème psychologique que sociologique. Elle est une forme particulière de l’influence des circonstances historiques sur l’homme, un phénomène psychologique concomitant de certaines conditions extérieures. En y regardant de plus près, on s’aperçoit que tout fort déploiement de pouvoir extérieur, qu’il soit de nature politique ou religieuse, frappe de stupidité une grande partie des hommes. On a même l’impression qu’il s’agit d’une loi sociologique et psychologique. Le pouvoir des uns a besoin de la stupidité des autres. Le processus n’est pas que certaines facultés – intellectuelles par exemple – de l’homme s’atrophient ou disparaissent soudainement, mais que sous l’impression écrasante du développement du pouvoir, l’homme est privé de son indépendance intérieure et qu’il renonce – plus ou moins inconsciemment – à trouver son propre comportement face aux situations de la vie qui se présentent. Le fait que l’idiot soit souvent obstiné ne doit pas faire oublier qu’il n’est pas indépendant. On sent bien, en discutant avec lui, que l’on n’a pas affaire à lui, à lui personnellement, mais à des slogans, des mots d’ordre, etc. devenus puissants grâce à lui.
    Il est sous l’emprise d’un envoûtement, il est aveuglé, il est abusé, maltraité dans sa propre nature. Devenu ainsi un instrument sans volonté, l’idiot sera aussi capable de tout le mal et en même temps incapable de le reconnaître comme un mal. C’est là que réside le danger d’un abus diabolique. Les hommes pourront ainsi être détruits à jamais.
    Mais il est aussi très clair ici que ce n’est pas un acte d’enseignement mais seulement un acte de libération qui pourrait vaincre la stupidité. Il faudra alors se faire à l’idée qu’une véritable libération intérieure ne sera possible, dans la grande majorité des cas, qu’après avoir été précédée d’une libération extérieure ; jusque-là, nous devrons renoncer à toute tentative de convaincre l’imbécile. C’est d’ailleurs dans cette situation que se justifie le fait que, dans de telles circonstances, nous nous efforçons en vain de savoir ce que « le peuple » pense réellement, et pourquoi cette question est en même temps si superflue pour celui qui pense et agit de manière responsable – toujours dans les circonstances données. La parole de la Bible selon laquelle la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse dit que la libération intérieure de l’homme pour une vie responsable devant Dieu est la seule véritable victoire sur la stupidité.
    D’ailleurs, ces pensées sur la stupidité ont ceci de réconfortant qu’elles ne permettent pas du tout de considérer la majorité des hommes comme stupides en toutes circonstances. Cela dépendra vraiment de la question de savoir si les détenteurs du pouvoir espèrent davantage de stupidité ou d’indépendance intérieure et d’intelligence des hommes.
    Pasteur Dietrich Bonhoeffer
    Extrait de Widerstand und Ergebung. Briefe und Aufzeichnungen aus der Haft. (Résistance et reddition. Lettres et notes de captivité.)
    Edition Eberhard Bethge
    Texte écrit en 1943 mais publié seulement en 1951

    🙏✡✝💪👍

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